Les Echos, 11 mars 2026.
Avec un record de 68 300 défaillances d’entreprises en 2025, la tension sur les trésoreries devient critique.
Le coupable ? L’allongement des délais de paiement qui asphyxie nos TPE et PME.
Le constat de 𝗹’𝗢𝗯𝘀𝗲𝗿𝘃𝗮𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗱𝗲́𝗹𝗮𝗶𝘀 𝗱𝗲 𝗽𝗮𝗶𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 est sans appel :
“Les retards de paiement augmentent d’un quart les risques de défaillance, et même de plus de 40 % quand les délais sont supérieurs à 60 jours.”
📉 𝗨𝗻 𝗰𝗲𝗿𝗰𝗹𝗲 𝘃𝗶𝗰𝗶𝗲𝘂𝘅 𝗾𝘂𝗶 𝘀’𝗶𝗻𝘀𝘁𝗮𝗹𝗹𝗲
Malgré un cadre légal clair, la résistance aux bonnes pratiques persiste. On observe un glissement inquiétant : là où l’on payait à 38 jours fin 2023, on frôle désormais les 48 jours en moyenne.
𝗟𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗯𝗹𝗲̀𝗺𝗲 ? “Près du tiers des entreprises règlent toujours leurs fournisseurs au-delà des 60 jours imposés par la loi de modernisation de l’économie adoptée en 2008.”
Ce sont 𝗽𝗿𝗶𝗻𝗰𝗶𝗽𝗮𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗶𝘀𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗘𝗧𝗜 qui font figure de mauvais élèves, laissant les petites structures porter le poids financier de leur propre fonctionnement.
Comme le souligne un dirigeant dans l’article : “Mon groupe n’est pas le banquier de l’État”… ni celui des géants du CAC 40.
🏛️ 𝗟’𝗘𝘁𝗮𝘁 : 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗯𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗼𝗶𝗻𝘁𝘀 𝗲𝘁 “𝘇𝗼𝗻𝗲𝘀 𝗱’𝗼𝗺𝗯𝗿𝗲”
L’acteur public tente de montrer la voie, mais le tableau reste contrasté.
“Les pouvoirs publics entendent montrer l’exemple. En 2024, les collectivités ont fait de réels efforts pour tenir les délais et, selon l’observatoire, 89 % des factures payées directement par l’Etat sont aujourd’hui réglées sous 30 jours. Reste que, dans la sphère publique, de gros points noirs persistent. En particulier dans le secteur de la santé, où les délais peuvent exploser.”
À ce triste constat, il faut rajouter l’administration judiciaire, où les retards de règlement pèsent lourdement sur les prestataires.
⚖️ 𝗩𝗲𝗿𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝘀𝗮𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗹𝗼𝘂𝗿𝗱𝗲𝘀 ?
Face à l’urgence, la réponse pourrait devenir plus musclée.
Une proposition de loi vise à porter le plafond des amendes jusqu’à 1 % du chiffre d’affaires mondial des entreprises fautives.
En attendant, les dirigeants de PME s’organisent : 𝗺𝗲́𝗱𝗶𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, “𝗡𝗮𝗺𝗲 & 𝗦𝗵𝗮𝗺𝗲”, 𝗼𝘂 𝘀𝘂𝘀𝗽𝗲𝗻𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗽𝘂𝗿𝗲 𝗲𝘁 𝘀𝗶𝗺𝗽𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗲𝘀𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀.
La trésorerie n’est plus une variable d’ajustement, c’est une question de survie.
💬 Et vous, constatez-vous également cet allongement des délais dans votre secteur ? Quelles stratégies avez-vous mises en place pour protéger votre cash-flow ?
