Les Echos, 4 février 2026.
Le 5 février 2026 a marqué la fin du dernier accord limitant les arsenaux nucléaires américains et russes. Pour la première fois depuis 30 ans, aucun cadre ne régule les deux plus grandes puissances nucléaires du monde.
Nous entrons dans une zone grise stratégique… aux répercussions économiques majeures.
🔥 𝗨𝗻 𝗰𝗵𝗼𝗰 𝗴𝗲́𝗼𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗿𝗲𝗯𝗮𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗮𝗿𝘁𝗲𝘀
1️⃣ 𝗨𝗦𝗔 – 𝗥𝘂𝘀𝘀𝗶𝗲 : 𝗿𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿 𝗮 𝗹𝗮 𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗿𝗼𝗻𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻
Sans inspections, sans plafonds, sans transparence, Washington et Moscou retrouvent une dynamique de rivalité ouverte.
➡️ 𝗜𝗺𝗽𝗮𝗰𝘁 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲 : réallocation budgétaire massive vers le militaire, pression accrue sur les finances publiques russes et montée en puissance du complexe militaro-industriel américain.
2️⃣ 𝗟𝗮 𝗖𝗵𝗶𝗻𝗲, 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗴𝗿𝗮𝘃𝗶𝘁𝗲́ 𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁𝗲́𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲
Pékin accélère son arsenal (objectif 1 500 têtes d’ici 2030). Les États-Unis refusent désormais tout traité qui ne l’inclut pas.
➡️ 𝗜𝗺𝗽𝗮𝗰𝘁 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲 : la Chine pourrait intensifier ses investissements militaires au détriment d’autres secteurs, tandis que les États-Unis renforcent leurs capacités industrielles de défense pour éviter un décrochage technologique.
3️⃣ 𝗟’𝗘𝘂𝗿𝗼𝗽𝗲 𝗲𝗻 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝗹𝗶𝗴𝗻𝗲, 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗳𝗶𝗹𝗲𝘁
La fin du traité libère la parole… et les menaces. Moscou instrumentalise déjà la rhétorique nucléaire. Washington envisage de réactiver des armes stockées.
➡️ 𝗜𝗺𝗽𝗮𝗰𝘁 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲 : l’Europe devra probablement augmenter ses budgets de défense, accélérer l’autonomie stratégique et soutenir son industrie militaire —un changement profond pour des économies historiquement orientées vers le civil.
📉 𝗨𝗻𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝗮𝗿𝗺𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀… 𝗲𝘁 𝗮𝘂𝘅 𝗿𝗲𝘀𝘀𝗼𝘂𝗿𝗰𝗲𝘀
Nous ne sommes plus dans une logique de désarmement.
Nous entrons dans une course triangulaire Etats-Unis – Chine – Russie, où chaque puissance et les entreprises qui les composent devront :
▪️ moderniser des vecteurs nucléaires
▪️ développer des technologies duales (IA, télécoms, hypersonique, cyber)
▪️ sécuriser des chaînes d’approvisionnement critiques (ex. terres rares, microélectronique)
➡️ 𝗖𝗼𝗻𝘀𝗲́𝗾𝘂𝗲𝗻𝗰𝗲 : les budgets militaires vont mécaniquement peser sur les équilibres macroéconomiques, les dettes souveraines et les priorités sociales.
La question n’est plus de savoir si la course aux armements va reprendre… mais jusqu’où elle ira.
Je serais ravie de lire vos analyses 👇
