Les Echos, 22 janvier 2026.
La Banque centrale européenne vient de dévoiler ses priorités de supervision, et un message domine : le risque géopolitique n’est plus un paramètre secondaire — c’est désormais le centre de gravité du secteur bancaire.
Dans un monde fragmenté par les conflits, les tensions commerciales et la montée des cybermenaces, trois signaux forts émergent :
1️⃣ La fin du “bouclier État”
C’est l’alerte la plus marquante.
Contrairement à la période Covid, les États européens n’auront plus forcément les marges budgétaires pour amortir un choc extrême.
👉 Les banques doivent prouver qu’elles peuvent encaisser seules.
2️⃣ L’ère des “stress tests inversés”
Changement de paradigme : on ne demande plus seulement si les banques résistent à un scénario donné.
On leur demande d’identifier elles-mêmes le scénario géopolitique qui ferait chuter leur CET1 de plus de 300 points de base.
👉 Une approche plus granulaire, plus exigeante, plus proactive.
3️⃣ Les dépendances critiques sous tension
Cyber-résilience : les attaques ont doublé en quelques années.
Externalisation : quasi toutes les 113 banques supervisées dépendent de fournisseurs tiers — souvent hors UE — pour le cloud et l’IT.
Exposition internationale : 25 % des actifs sont situés dans des pays tiers (dont 30 % aux États-Unis).
👉 La chaîne de valeur bancaire est plus vulnérable que jamais.
🤔 Le paradoxe européen
Alors que les États-Unis s’orientent vers une forme de dérégulation, les banques européennes redoutent que cette supervision renforcée ne freine leur compétitivité.
Pour la BCE, la réponse est nette : la résilience n’est pas un luxe, c’est un rempart.
❓ Question ouverte
La régulation bancaire européenne :
➡️ Frein à la croissance ?
➡️ Ou meilleure assurance-vie dans un monde instable ?
Curieuse de lire vos points de vue.
