Les Echos, 7 octobre 2025.
Dans les 10 prochaines années, 1 entreprise familiale sur 2 changera de mains. Ce n’est pas un simple sujet patrimonial. C’est un risque stratégique majeur pour notre souveraineté économique.
Ces entreprises pèsent 65 % du PIB et 69 % de l’emploi.
Si nous ratons ce passage de relais, nous laissons filer nos centres de décision… et offrons un boulevard aux capitaux étrangers.
🎯 Le dernier baromètre EY / FOR TALENTS / FBN France met en lumière 3 leviers clés :
1️⃣ La stabilité actionnariale comme arme stratégique
La force des entreprises familiales réside dans leur capacité à investir sur le temps long, loin de la dictature du court terme.
Le Pacte Dutreil reste le bouclier indispensable pour éviter les “ventes forcées” et maintenir l’ancrage territorial de nos ETI.
2️⃣ Une gouvernance qui se professionnalise et se féminise
Le cliché de l’héritier passif est mort.
67 % des repreneurs portent une stratégie différente de celle de leurs prédécesseurs.
Les femmes représentent désormais 23 % des nouveaux dirigeants (vs 10 % chez les cédants).
La légitimité ne se transmet plus, elle se construit : compétences, vision, transformation digitale et environnementale.
Une gouvernance robuste devient un avantage concurrentiel… et un outil de résilience.
3️⃣ Le “soft power” familial : l’émotionnel est souvent sous-estimé.
En France, le juridique est maîtrisé mais l’accompagnement humain reste le maillon faible.
Or une transmission réussie repose sur :
▪️ une communication transparente,
▪️ l’alignement des parties prenantes,
▪️ et la continuité des valeurs.
🔍 Transmettre une entreprise, c’est protéger un savoir-faire, un capital immatériel et une indépendance nationale.
Notre souveraineté dépend de notre capacité à sécuriser, professionnaliser et moderniser les mécanismes de transmission.
💬 Dirigeants, experts : selon vous, quel est le principal frein à la transmission en France ? Culturel, fiscal ou émotionnel ?
